• Poésie

    Poésie

    Le bâteleur

    Approchez, Mesdames et Messieurs,

    Funambule ébloui

    par les lueurs de l’aube,

    j’ai dansé sur le fil

    du tranchant horizon.

    Cette lame acérée

    qui lacère l’azur

    n’a point égratigné

    la plante de mes pieds.

    Trapéziste enjoué,

    me riant de l’espace,

    j’ai voltigé cent fois

    de nuage en nuage,

    me rétablissant aux

    chevelures des anges.

    Cette ronde éthérée

    n’a point escamoté

    ma terrienne candeur.

    Otarie, j’ai nagé

    dans l’océan magique

    des illusions perdues,

    espoirs évaporés

    et boule sur mon nez,

    une larme a coulé.

    Poète, j’ai jonglé

    dans l’univers limpide,

    lançant à demi-mot

    des non-dits frémissants,

    aveux étourdissants,

    qui sont tous retombés

    dans ma paume glacée.

    Cette haute voltige

    n’a point édulcoré

    l’encre de mon stylet.

    Approchez, Mesdames et Messieurs ...

    Il me reste à dresser

    l’animal apeuré

    qui, au fond de nos coeurs,

    nous empêche d’aimer.

  • Tremblez, terres oubliées,

    sous les pas pesants de guerriers fatigués.

    Vibrez, chemins errants,

    sous les soupirs bruyants d'êtres égarés et perdus.

    Chantez, les  galets de la mer,

    bercés par les ressacs et les ressentiments.

    Quand le ressenti ment, il parle tant et temps,

    du passé, de l'avant, d'un autre temps.

    Lorsque tant et temps ne sont qu'un

    dans un uni vers obscur et incertain,

    oubliez, les vivants, vos ailleurs ensevelis

    dans la gangue des tant et temps...


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  • J'entends le vent d'antan

    qui souffle tant et tant

    sur mes braises passées

    pour les réanimer.

    J'entends le vent qui souffle,

    peine, croyant encore,

    du passé voir surgir

    quelque pépite d'or.

    J'entends le vent qui souffre

    et ne parvient jamais

    à franchir cet espace,

    reliant au passé,

    un présent qui me glace

    et me laisse sans vie.

    J'entends, certes, le vent,

    un peu plus chaque jour

    et grandit mon envie

    d'ouvrir à cet élan

    mes ailes engourdies.

    M'envoler dans la vie

    et sans ressentiments...

    J'entends,

    j'entends le vent......


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  • Quitter quoi,

    quitter qui?

    Qui t'es, toi,

    pour vouloir tout quitter?

    Si tu savais qui t'es,

    tu pourrais te trouver,

    si tu savais quitter,

    tu pourrais t'en aller.

    Quitter toi

    et te chercher ailleurs,

    dans un monde meilleur.

    Sais-tu, seulement qui t 'es?

    Sais-tu, vraiment quitter,

    sans te perdre à jamais

    et finir égarée?


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  • Parle-moi de toi,

    dis-moi ces mots

    qu'on ne dit pas,

    parce qu'ils sont entendus,

    qu'on ne les entend pas,

    qu'on ne les entend plus.

    Dis-moi pourquoi

    tous ces non-dits

    que tu gardes en toi,

    serrés contre ton sein

    comme grenade

    aux éclats incertains

    se cristallisent

    aux bords de tes effrois

    et dansent sur la plage

    de ta désespérance

    une ronde endiablée

    que tu ne peux,

    hélas, oublier....

    Parle-moi de toi.

    Dis-moi tes folles errances,

    tes rêves évanescents

    aux senteurs de printemps,

    tes vécus incandescents

    aux cœurs de beaux étés

    qui t'ont laissée glacée

    sur la plage du temps.

    Parle-moi de toi,

    ici et maintenant,

    de qui tu es,

    de ce que tu attends.

    Parle-moi de toi....


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  • Je glisse,

    je flotte,

    je vole.

    Je flotte entre deux airs,

    je vole entre deux eaux,

    je glisse vers l'amer

    aux confins de l'oubli.

    Je glisse,

    je flotte,

    je vole.

    Je flotte sans repères,

    je vole sans radeau,

    je glisse vers la mer

    source de mes " en vie "....


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