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  • Petite,

    les deux pieds dans le sable,

    des embruns sur ta peau,

    de quoi es-tu coupable,

    qu'attends-tu de cette eau?

    Pourtant tu ne redoutes

    ni la rage de mer,

    ni aucun de ces doutes

    aux saveurs tant amères.

    Petite

    face à cet océan,

    tu gorges ta pensée

    d'un espoir vacillant

    aux senteurs iodées

    et, bien sûr, tu te doutes

    que l'étrange marée

    en recouvrant ta route

    va, soudain, t'égarer.

    Petite,

    reste surtout en vie,

    garde foi et raison,

    la mer, toujours, fini

    par fuir à l'horizon...


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  • La brume qui s'élève,

    de la vague enragée,

    s'étale sur la grève

    et tague les rochers,

    dessinant sur la pierre,

    dans l'ombre des non-dits

    les souvenirs de guerre

    d'un passé aboli.

    Dans le beau lit de l'eau,

    s'écoulant vers l'amer,

    flottent les oripeaux

    de tant sombres hiers.

    Algues et détritus

    s'entassant sur la plage

    te rappellent que tu

    n'étais que de pas sage

    et que la vie qui tue

    n'est qu'un sombre passage

    vers un autre univers

    dont tu ignores tout,

    quand, jailli de la mer,

    tu demeures à genoux.

    Dans un nouvel élan,

    elle te cueillera

    t'emportant plus avant

    aux franges du trépas.


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  • Lorsque les cieux s'entrouvrent

    et s'écoulent sur nous,

    certes, là, ils nous trouvent

    quand l'on gît, à genoux.

    Eau létale ou lustrale,

    mais que sont donc ces flots

    qui, sur nos flancs dévalent,

    diluant aussitôt

    nos plus sombres effrois,

    notre espérance, aussi,

    même, soudain, parfois,

    l'essence de nos vies?

    Je n'attends rien de qui,

    n'importe qui soit-il,

    enclaverait ma vie

    dans des rêves futiles.


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  • Et je flotte entre deux eaux,

    l'amer et la mère.

    Dans laquelle vais-je me noyer?

    Eau létale, eau lustrale,

    eau douce ou eau salée?

    Eau qui me pousse à m'oublier,

    me dissoudre, me fondre,

    m'évaporer.

    Eau pure de ce bénitier

    où nul dieu ne s'est jamais baigné.

    Deux doigts dans l'eau,

    deux gouttes sur mon front.

    Suis-je, ici, nommée,

    dans l'ombre de l'en vie?

    Je demeure sans nom,

    innommable et sans vie,

    l'eau s'est évaporée

    sur mon front enfiévré.

    J'appartiens aux non-dits,

    aux espaces sans vie,

    aux murmures vibrants

    aux cris, aux hurlements.


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